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Mon dernier roman

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Archive for July, 2007

il n’y a pas de honte à être un peu sensible

Parfois j’ai l’impression qu’avant même de les avoir rencontrées je les avais déjà oubliées. Je ne le calcule pas je ne le réfléchis pas je ne l’intellectualise pas,ma retraire je m’en fous déjà et pour longtemps les cours de la bourse et pourquoi je me suis penché vers elle et pas vers sa voisine ces phrases échangées et toute sa contenance parler de rien un moment poli, jolie, toi aussi ? Tout ça ma bouche, moi autre part déjà avec elle déjà autre part. Elle le sait bien. Les visages défilent les contextes si dûr de recaser l’un avec l’autre, la confusion ne s’intale plus elle règne déjà depuis longtemps sur ces terres et le doigt dans la machine emporte tout le bras et le corps quand on a mis un pied dans la facilité tout muret est un obstacle infranchissable et ce qu’il protège un eldorado inateignable. Ces Eldorados perdus objets de tous mes rêves prise d’élan je saute je vois de l’autre côté je plante mes mains dans le muret (ridicule image) le grand gaillard bute pourquoi s’en faire d’ailleurs demi-tour subit oubli oui le temps de descendre une autre bouteille et de se laisser rouler dans un champs, mais ce champs depuis le debut ne plaisit pas, pas comme l’autre derrière le muret. Alors retour à l’aube métro taxi peu importe la rue défile ces gens à peine levés, habillé comme pour partir en soirée quand tous vont au travail la même situation encore une fois, une fois de plus, je ne voulais pas ça. Belle excuse, les excuses masculines sont les plus belles du monde, si touchantes de ridicule et si ridicules de vision. Combien de fois un homme peut-il répéter les mêmes erreurs avec les femmes ? Toute sa vie. Mais ça ne l’empêchera pas de rêver à une autre, derrière le petit muret infranchissable et avec laquelle se serait enfin différent. Oui j’en rêve, sincèrement même, en rentrant le dimanche matin encore bourré, aux premières lueurs de l’aube.
Il n’y a pas de honte à être un peu sensible, il n’y a pas de honte même à le montrer. Souvent je me rappelle, en rentrant d’une nuit à baiser comme un fou une comédienne ou un top modèle, complètement défoncé, être rentré chez moi et avoir pleuré en écoutant L’encre de tes yeux de Cabrel en pensant à mes amours perdus. Il ne faut vouer aucun culte au gore, pas plus qu’il ne faut le rejeter. Il n’y a pas de honte à être un peu sensible.

le seul pot de moutarde qui m’aille

Il y a les gens plats : les gens entrée/dessert ou plat de résistance, ceux qu’on rencontre un peu partout, n’importe comment, avec qui on passe la soirée, la semaine, avec qui parfois même on garde contact pour les soirs ou l’ennui guette. Il y a les gens sel/poivre, voir même paprika, ceux là c’est déjà un petit plaisir, on y pense dans la journée quand on sait qu’on va les voir miam miam le beurre des épinards. Il y a les gens moutarde, le truc un peu bizarre bon au goût et qui chatouille le nez très vite et à chaque fois qu’on en reprend. On en a pas souvent à se mettre sous la dent, du moins moi… disons une ou deux fois par an. Rien que d’y penser j’en ai le nez qui frétille… Il peut se passer n’importe quoi, dix ans sans les voir, rien que d’y penser, l’incontrôlable excitation revient. Même ma bavette à l’échalote je la prends avec de la moutarde; si je pouvais en bouffer avec tout je le ferais, de toutes manière, je n’aime pas les desserts. Et puis il y a ce qu’en Alsace ils appellent le raifort, une espèce de moutarde/wasabi. C’est bon au goût, et ça fait tout bizarre, ça pique le nez aussi, mais différemment, picotement indéfinissable, incomparable, faites-moi de la moutarde au radis ça n’aura rien à voir. Un goût qu’on trouve une fois et que jamais on oublie. Que même si rien ne s’en approche, parfois on se mord la langue juste parce qu’on a eu l’impression d’en retrouver autre part le goût… toujours on se rappelle la première fois, on y replonge à chaque fois, celle où on a pensé si j’avais dû inventer un goût, sans le savoir et sans y arriver, ça aurait été ça, ça me dépasse et ça me pique le nez, mes yeux pleurent, mais j’en voudrais toujours plus. Et ça c’est Elle. [remarque] Comme j’ai du mal à visualiser la notion de “moitié” qui nous attend quelque part et avec laquelle l’amour sera soudain réuni et 2 feront 1 (copyright spice girls je crois), j’ai essayé d’en illustrer le concept avec la bouffe. C’est puissant la bouffe au niveau littéraire, en plus j’ai faim il est 0:55 et j’ai rien à bouffer. Je vais aller me faire une tartine de moutarde tiens, histoire de rester dans le ton. [fin de la remarque]

je slam donc je crie / je scanse donc j’écris

Je n’ai pas peur d’avoir l’air classique, je m’en fous. Je viens nu réciter des poèmes trashs si vous voulez, je parle d’écarissage, de snuf, comme du classement de la ligue1. Mais bordel, quand vous voyez un texte qui a la gueule d’un quatrain, d’un sonnet, ne lui collons pas direct l’étiquette “morne et chiant”; quand trois lignes décomposées jettent des vomi d’extasies et de lawson, ne croins pas au “moderne”. Pourquoi rebatiser la poésie SLAM ? Le mot fait honte c’est tout ? Quelle dualité magique! On croirait un débat politique gauche/droite! La dualité a eu ses heures… la nuance, les nuances nous enlacent d’une manière bien plus intense. Je ne me sens bien ni dans le blanc ni dans le noir ni dans le gris d’ailleurs, je veux me barioler de couleurs et me jeter sur tout le monde pour tous les tâcher, leur beau costard bleu marine et leur string noir en dentelle qui dépasse de leur jupe juste sous les genoux.

voilà ce que j’en pense, en sonnet, pour le plaisir :

pauvre Janus

 

Oh mon pauvre Janus qui n’a que deux visages,

Comme il doit être aisé de se jouer de toi :

Tes masques évidents, ton ridicule émoi,

D’un seul coup d’œil on lit ce que tu envisages.

 

 

Oh mon pauvre Janus les gens se paient ta tête,

Car on te voit venir, on dirait un mendiant :

« Désolé de vous déranger… » C’est horrifiant…

La simplicité est pour nous comme un racket.

 

Donne leur ce qu’ils veulent, sois incohérent !

Un diable, un fou, un traître, un ami, insolent !

Touche leur curiosité… ils resteront.

 

 

Dans tes mains alors tomberont toutes les clefs,

Tu jouiras du plaisir d’être sincère ou non,

Ton cœur pour seul arbitre et l’amour à tes pieds.