La chronique de Papy Julien : Tout fout le camps ! C’est plus comme avant.
Au lycée, en terminale, on m’a appris Aristote : ” La seule chose de constant dans le monde, c’est le changement. ”
Je n’imaginais pas alors à quel point la suite de ma carrière allait donner raison à cet adage. En économie et en business, c’est d’autant plus vite vrai. On pourrait attendre des dizaines d’années pour s’en rendre compte en vie perso, mais en business… c’est une poignée d’année qu’il faut.
Le plus “amusant” est que tout le monde fait comme si ce n’était pas le cas, et tous les 5 ans des experts émergent avec de grandes théories qui seront décapitées 5 ans plus tard.
Un double exemple perso :
quand j’étais en MBA à NEW YORK, on m’a vanté 2 modèles comme étant les plus avancés et les meilleurs possibles (je ne parle pas de la démocratie bien sur, restons dans le business).
1./ Le trading financier à la NEW YORKaise : genre vu que ce qui importe c’est qu’il y ait des investissements, plus on met de charbon plus ça marchera, et de toutes manières au bout du compte on divisera le risque en petits paquets qui seront revendus un peu partout en bordel et personne sera jamais responsable de rien, au pire des épargants hongrois se feront baiser mais nous on sera en train de trinquer au bellini à 50 maillons de l’autre bout de la chaine, jamais ça pourra nous rattraper.
Avaient-ils tords … à en croire les bonus touchés cette fin d’année 2009 par les traders même pas tant que ça, mais quand même c’est pas trop mon école, et je ne crois pas que ce modèle génère beaucoup de richesse, donc appauvrit même la race des traders solitaires au bout du compte.
2./ Le Toyotisme. On m’a rabattu tout mon MBA le Haut-Bas-haut, le participatif, l’écoute client, la pyramide mondiale, l’asphyxie dans le pays d’origine de Toyota… J’aurais voulu faire bouffer des Pryus à mes intervenants qui n’avaient que ce modèle à la bouche, et HONDA? et Japan Airlines… Trois boites aujourd’hui au bord du gouffre.
L’incapacité de leurs dirigeants à parler à leurs cadre parce que ce n’est pas correcte dans la tradition japonaise, la non prise de risque systématique, la fausseté, l’incapacité à s’adapter mais la volonté d’imposer un modèle (si puissant soit-il) a montré ses limites avec la chute de trois des plus gros groupes japonais.
Le Japon arrivera-t-il à sortir du moyen âge à temps ? Le Toy-otisme s’enferma-t-il dans le Toy-autisme, en refusant d’évoluer ?
Comme l’a dit Toyoda ce matin au congrès américain : ” Nous avons cessé d’écouter les clients et le marché, nous allons voulu aller trop vite. ” Ne pas écouter ses cadres et avoir sur-hiérachisé des entreprises où l’ont a rien droit de se dire sont peut -être d’autres erreurs. La Corée du Sud est un modèle encore plus tendu que le Japon, mais aussi plus jeune, pour dire que l’étau se referme.
Des profs new yorkais aux patrons japonais, je ne dis qu’une chose : à tous ceux qui prennent un ton péremptoire pour parler de “meilleur modèle”, n’oubliez pas qu’il ne sera pas meilleur très longtemps.






