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Mon dernier roman

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Recevoir le BAT de son roman ça fait…

Le facteur

Le facteur

Un simple paquet arrive par la poste. Sauf que celui là on l’attend de pied ferme car l’éditeur nous a prévenu quelques jours plus tôt : “Julien, je t’envoie le BAT de ton roman, tu regardes s’il y a des coquille d’édition et de mise en page et tu me donnes le go pour l’impression.”
Déjà à ce moment, une suave pression, une douce oppression, une explosive joie, je dirais même un grisou lancinant nous enlace.
Mais alors quand le facteur tend le paquet (faut dire qu’on l’attend tous les matin, et qu’on arrache l’emballage, ça fait des chatouilles de l’intérieur. C’est dur se rappeler de ce qu’on a pensé à ce moment là. Personnellement, je crois que je n’ai rien pensé. J’ai comme retenu la respiration de toute idée. Et puis je l’ai pris et je l’ai soupesé. Voilà. C’est ça presque quatre ans d’effort, ça y’est on y’est ça tient en deux cent pages un peu de couleurs sur la couverture, c’est joli ça va bien se poser sur une bibliothèque. Voilà.


J’ai feuilleté les pages un moment mais je n’arrivais pas à lire.



Il faut savoir que je commence toujours par écrire plein d’histoires que je laisse trainer. Et puis il y en a qui me reviennent, alors je les recherche, je les complète, et je relaisse trainer. Parfois je vais fouiller dans la poussière voir si une m’interpelle. Et un jour presque au hasard, je me lance dans l’une d’entre elle. Je n’écris pas tout de suite d’abord. Je décris scène par scène, je redécoupe. Je vois les personnages, je les change. Je cherche des gens autour de moi pour leur voler des traits de caractères et monter ainsi des patchworks qui seront des personnages. Parfois ça ne me convient pas alors je vais chercher plus loin, je prends des footballeurs des politiques des personnages de romans, je mélange, jusqu’à les avoir devant moi, à pouvoir leur parler, à entendre leur ton. Si je n’entend pas un personnage me parler je ne peux pas l’écrire je ne sais pas comment il parlerait.
Après vient ma plus grande folie : le cadre. Je suis un peu maniaque à ce niveau, il faudra que j’écrive un livre qui se passe dans une petite ville de banlieue où rien n’est à rechercher sur les mots, les coutumes, les mythes, les religions. Je m’obstine toujours à placer mes histoires dans des endroits très “typiques”, et je ne peux m’empêcher de fignoler les détails - je déteste qu’un auteur parle d’un sujet qu’il ne maîtrise pas , je ne voudrais pas qu’on m’accuse d’inexactitude.

Ensuite vient ma deuxième tendance maniaque : je repère tout le roman dans le temps : je prends des cartes et je relève les temps de déplacement, si je peux je vais les mesurer ou je demande à des personnes, je m’assure que tout est possible dans le temps, dans l’espace. Qu’on ne me dise pas : “mais on n’y croit pas, c’est pas possible”.

écrire...

écrire...


Après vient l’écriture frénétique.

Après vient la réécriture. Tout d’abord le montage général, redéplacer les scènes changer le rythme, durcir un personnage, en rajouter un autre, accélérer tel passage, réduire telle description.
Puis vient la mise en forme des dialogues, des paragraphes, puis la correction orthographique.
Puis les premières horribles et angoissantes relectures, quand pour la première fois des yeux extérieurs découvre l’ouvrage. Puis les discussions avec les relecteurs, et les nouvelles modifications.

Enfin commence la sempiternelle et pathétique quête d’un éditeur.
Les heures à la salle de photocopie, les reliures, les attentes à la postes, les lettres de motivations, les démarchages à l’anglaise. Les refus, les rien, les pas de réponses, les quoi, les refus, les pas de réponses, les renvois, les heures à chercher la bonne adresse le bon contact. Les retours enfin d’éditeurs ayant lu, avec leurs remarques et c’est reparti encore pour une réécriture, des changements, mais alors si on change ça il faut encore tout changer là et là, et puis ici, et puis il y a de nouveau des fautes d’orthographes.

Les concours aussi (j’ai bien fait sur ce point). Les mois d’attentes que le concours se finisse et que le verdict soit rendu.


Et là ça y’est , au bout du bout du bout du bout du bout du chemiiiiiiiin (putain c’était long), ces quelques pages à peine noircies laissées par le facteur.

Ah oui écrire...

Ah oui écrire...

Et une dernière fois, une dernière fois remettre l’ouvrage sur le métier. Une dernière relecture pour envoyer enfin le bon à tirer (BAT) à l’éditeur, lui signaler que tel paragraphe a été mal coupé ou telle note de bas de page a été oubliée. Tout en sachant que le livre part en presse dans 2 jours et qu’il faut se dépêcher, qu’il sort dans moins d’une semaine et que cette fois s’il y a une erreur et que je ne l’ai pas vue, elle y est pour de bon, déposée, lue, relue, rerelue, et que des dizaine (je suis modeste?) des milliers (ok je m’y crois) de lecteurs vont se la coller et dire ooooh il y a une faute et sortir de l’histoire pendant un moment en se disant il y avait une faute. Peut être ils vont m’écrire même pour me dire qu’il y avait une faute et je serai dans le placard en train de me cacher.
Vivement l’édition finale, au moins il n’y aura plus rien n’a faire, je pourrai redormir tranquille. A mais tiens, c’est demain ! Plus qu’une nuit…



J’espère que je ne vous ai pas saoulé, mais ça me paraissait important de le préciser pour que vous imaginiez ce qu’on ressent quand on reçoit “ça” entre les mains. Pourquoi je tremblais un peu en parcourant les pages d’un coin du regard, sans pouvoir trop vraiment lire. Ce n’est pas le bout d’une aventure, c’est presque un bout de vie. Et on ne fait que se retenir d’espérer que ce ne sera que le début de l’aventure, qu’on va nous demander d’en parler, que des gens vont le lire et nous écrire, et le recommander, parce qu’au fond, on l’a écrit pour qu’il soit lu.
Mais on n’espère quand même pas trop fort. Parce que s’il n’y a que 10 personnes qui le lisent de la famille et des amis et qui dise : oui oui, c’était pas mal, hé ben mine de rien ça fera quand même un peu mal.


Voilà le beau métier d’écrivain. Et dire que j’en ai toujours rêvé. Et dire que j’en rêve toujours…

INTERVIEW de Julien STEPHAN, auteur du roman UWISHIN, par Audrey WILLIAMS dans Le Scribe Masqué

INTERVIEW de Julien STEPHAN, auteur du roman UWISHIN, par Audrey WILLIAMS
Cette interview a été publiée dans la revue “Le Scribe Masqué“, section Tribune Littéraire


Masque d'Or

Masque d'Or

1) Pouvez-vous nous préciser quand et comment s’est passée votre rencontre avec Thierry ROLLET et les éditions Masque d’Or (Editeur d’Uwishin NDLR) ?
Suite à un concours de roman par les éditions Masque d’Or, où mon roman Uwishin a été retenu.


2) Avez-vous déjà publié ou s’agit-il de votre premier roman ?
C’est le premier roman que je publie. J’ai publié des poèmes, textes et courtes pièces.
Julien Stephan

Julien Stephan



3) Quelles sont vos préférences littéraires ? Vos lectures préférées ?
Je suis un livrovore, je mange de tout. En romans, j’avoue un faible pour les récits historiques bien documentés. Mais ce que je préfère, c’est me faire surprendre, vous savez ce livre inconnu qui traînait chez le bouquiniste et qu’on prend parce qu’on a plus rien à lire, dont on lit trois pages et qu’on pose à côté du lit avant de s’endormir et passer à autre chose. On le retrouve deux ans plus tard et on se dit allez, c’était peut-être pas si mal. On le retente et là, au détour de la trentième page, on se fait mordre… Une remarque d’un personnage, un détour de l’intrigue, une intervention de l’auteur… Il se passe quelque chose, il y a quelque chose à découvrir dans ce livre. J’adore ce moment, j’adore les livres qui me procurent cette excitation d’avoir trouvé une perle cachée.


4) En lisant Uwishin, on a l’impression que vous êtes un grand voyageur. Connaissez-vous bien la tribu dont vous parlez ? Sinon, d’où tenez-vous votre documentation ?
J’adore voyager, c’est vrai. J’aime particulièrement découvrir les personnes, les vies, au-delà des monuments. La tribu dont il est question dans le roman Uwishin est totalement isolée (et c’est très bien ainsi). Je ne l’ai pas rencontrée, mais je l’ai beaucoup étudiée, ainsi que les avoisinantes. C’est important je crois de soulever la richesse qu’apporte le fait de considérer d’autres croyances et pratiques que les siennes. Je trouve cela même particulièrement valable quand il s’agit de tribus de centaines d’âmes. Mais approcher ces tribus, c’est les détruire doucement. Les observer de loin et en parler est une manière de leur prouver mon estime.


5) Comment pourrait-on résumer la personnalité de Shakaim ? Est-il aussi naïf qu’il en a l’air ou est-ce un sage incompris ?
Entre le naïf et le sage, il y a la plupart de l’humanité, et c’est à peu près là qu’il se situe. Cela dit, sa position entre naïf et sage évolue au court du roman, toutes ces aventures qui lui arrivent et les personnalités charismatiques qu’il rencontre laissent leur marque en lui. Shakaim prend la vie telle qu’elle vient, sans chercher à la prévoir, en cela il n’est pas un sage ; mais il finit par voir clair au fond de ceux qui l’entourent, en cela il n’est pas naïf.


couple shuar

couple shuar

6) Peut-on parler de choc des civilisations et des cultures dans votre roman ?
Non, je dirais même au contraire. On se rend compte qu’une tribu d’Amérindiens peut se comporter de la même manière que des habitants d’une ville moderne. Un groupe d’humains reste un groupe d’humains, dans ses attentes immédiates, ses accès de folie, sa courte mémoire. La différence est-elle si grande entre un shaman qui devant sa tribu, autour du feu, entre en transe et libère la nervosité de ceux de sa tribu qui l’écoutent, et un Michael Jackson soulageant ses fans de leurs angoisses le temps d’un de ses concerts, car ils ne pensent plus à leur travail ou à leurs problèmes ?
Une fois qu’on a retiré les panneaux publicitaires, les habits, les lances, le travail, sommes-nous si différents dans nos manières d’avoir peur, nos pressentiments, nos maux, nos pulsions, notre besoin des autres ?


7) Votre roman s’inspire-t-il d’une histoire vraie ou est-il totalement inventé ?
Il s’inspire d’un rêve que j’ai fait la nuit suivant un repas de Noël, en cela on peut la considérer vraie ou inventée.


8) Voulez-vous délivrer une sorte de message aux lecteurs en montrant Shakaim réduit au rôle de produit publicitaire dans ce roman ?
Ce n’est pas le message que j’ai voulu faire passer en particulier, mais il est présent de fait. Il n’y a qu’à marcher dans la rue d’une grande ville pour se rendre compte à quel point toute bonne idée ou « végétal aux vertus bénéfiques » est transformé en « produit publicitaire », comme vous dites. On en perd beaucoup de simplicité, et je ne vois rien de mal dans la simplicité.


Uwishin, le roman

Uwishin, le roman

9) Shakaim sort de cette aventure plus averti, dirait-on. Mais est-ce tout ce que l’on peut dire de ce personnage ? N’y a-t-il pas une sorte de fatalisme en lui-même ?
Il est fataliste de nature, c’est vrai. Mais il prend jour après jour le contrôle de sa destinée, y compris en s’éloignant de la voie qui avait été tracée pour lui, et ce n’est pas facile… L’opposition est tellement insidieuse et oppressante qu’il n’a pas toujours la lucidité ou le courage de l’affronter. Ces deux vertus vont grandir en lui à force de devoir combattre.


10) Le mot de la fin sera…?
Que considérer les voies shamaniques a un intérêt, même pour l’humain urbain du 21ème siècle. Elles ne sont contradictoires ni avec les religions, ni avec la médecine moderne. Il y a un art de faire vivre le corps et l’esprit en bonne entente, et d’ainsi guérir simplement et sans médicament les maux de tête, de ventre, de dos, vertiges et autres. Découvrez les fondements de cet art au milieu d’un roman exotique et énergique : Uwishin.


Allez plus loin dans le chamanisme sur www.uwishin.net !
Uwishin, conte shamanique pour stars sous Prozac, est disponible à la commande en librairie, ou directement sur internet sur le site de l’éditeur ou de l’auteur -> cliquez ici.

4ème de couv, 5ème

en voilà une qui pose beaucoup trop de questions.
D’ailleurs j’ai remarqué que quand on réécrit trop le même texte on finit toujours par traverser deux phases :
- la première ou on en pose que des questions (facile, on n’a pas a y répondre, on pense que ça va captiver l’auditoire ou le lectorat alors que ça pompe.
- la deuxième ou on balance de grandes affirmations “les hommes de tout temps, ont toujours pensé”.
où on va puiser dans son enfermement des vérités générales pour qu’enfin on se dise que les gens vont être d’accord avec nous. Mais ont-ils à l’être ?

Je précise que mon éditeur vient de me valider la version officielle, qui arrivera très bientôt sur le blog on arrive au bout de la série !!


Il y en a qui dépriment et qui ont le « blues » ; ce Shaman là, il a le « rock ». Quand certains se shootent au Prozac, lui appelle à entrer en transe pour se libérer.
Sommes-nous encore aujourd’hui entourés de shamans ? Sans s’en rendre compte perpétuons nous ces modèles vieux comme l’humanité ?

La 4ème de couverture, épisode 2

Vous l’attendiez ? Le voici !

Le deuxième épisode de la quatrième de couverture de mon prochain roman : uwishin ! Un axe différent, comme promis !

” Les voyages des shamans amazoniens (les Uwishins) leurs ouvrent les portes du vrai monde.

Ils y dialoguent avec les esprits et y trouvent les réponses pour eux et ceux qui les entourent.

Figures emblématiques, ils regroupent, fédèrent, animent la vie de tous les jours.

Ce conte shamanique plonge le lecteur dans les pratiques shamaniques ancestrales, avant de les projeter dans le monde actuel.

La 4ème de couverture de roman, présentation

Vous avez déjà publié un roman ?

On croit qu’on a sué tout ce qu’on avait de suale sur le scénario, les personnage,  l’écriture,  les descriptions, les dialogues, la finalisation, les 1000 relectures par les amis, la familles, les professionnels, les pseudos professionnels, puis l’écriture des résumé, lettres de démarchage d’éditeurs, relance, pour enfin enfin, au bout de la route, obtenir le OUI ! d’un éditeur. On se croit enfin admis dans le milieu de l’édition, que désormais tout va être facile qu’on aura plus qu’à griffonner quelques  pages de temps en temps… Quenéni !

La route n’est pas fini, pour l’auteur un peu maniaque que je suis qui souhaite écrire lui même la 4ème de couv (à l’arrière du roman)…

Je me suis lancé dans le jeu de la 4ème de couv il y a trois semaines (oui oui… 3 semaines) et j’ai du en écrire une dizaine… Je vais vous en servir un florilège, pour que vous puissiez apprécier les différents axes possibles.

Car en écrivant 50 possibles couvertures arrières, je me suis rendu compte d’une chose : les pistes sont innombrables, les manières de présenter un roman sont sans limite… Le choix est encore une fois cornellien !

On m’appelle

On m’appelle pour exécuter le sale boulot,

Parce qu’on sait qu’il sera faut proprement.

Je n’emploi jamais deux fois la même technique,

Et ce qu’on voit de moi n’est que du vent.

Si je crie sur quelqu’un j’assassine son ennemi.

J’éloigne les soupçons tête baissée à l’enterrement.

Je raconte de grandes histoires on me croit mythomane,

Et un peu simplet, les gardes s’abaissent doucement.

Si je baise leurs filles je baise aussi leur femme,

Et je m’arrange pour que l’une et l’autre soit au courant,

C’est le meilleur moyen de garder le secret.

J’en courtise une comme un enfant,

Et je me tape les autres comme un bandit.

Maître voleur, je ne suis qu’un combattant,

Le but m’importe peu, la manière guide ma vie.

Parisian Dundee